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Un coup d’éventail

| Mon voyage en Algérie | 24 juin 2012

L’histoire du coup d’éventail était trop intéressante pour que mon cousin Jean ne me la racontât pas, un matin que nous visitions ensemble la Casbah.

Deux juifs d’Alger, me dit-il, deux négociants fort riches, Busnach et Bacri, avaient, sur la France, une créance considérable, résultant de fournitures de blé, faites à la République française.

Des obstacles de tout genre s’opposèrent à la liquidation de cette dette, qui, en 1816 seulement, fut réglée par une commission spéciale, à la somme de quatorze millions, puis, en 1819, réduite à sept.

Les créanciers de Bacri qui étaient en France firent, ainsi que c’était leur droit, main basse sur cette somme qui leur fut distribuée en totalité ou en partie.

Quoiqu’il en soit, le dey lui-même, créancier de Bacri, à qui il avait vendu des laines et autres objets, fut très mécontent que cette distribution des deniers, lui enlevât le gage le plus précieux de sa créance; comme si la France eût été la gardienne de ses droits et eût dû veiller à la conservation de ses intérêts négligés.

Le dey, néanmoins, crut ou feignit de croire que les paiements n’avaient pas tous été opérés de bonne foi, et il réclama.

Les réclamations n’ayant obtenu aucun succès, il s’adressa directement au roi de France.

Sa lettre resta sans réponse; c’est alors qu’à la fête du Baïram, l’une des rares solennités à l’occasion desquelles il recevait les représentants des puissances étrangères, notre consul, M. Deval se présenta à la Casbah.

Il fut admis auprès du dey qui lui demanda des explications sur le silence gardé vis-à-vis de sa lettre.

M. Deval répondit que le roi de France ne pouvait pas correspondre avec le dey d’Alger.

Soit susceptibilité de la part d’Hussein-Pacha, soit ignorance chez notre consul de la langue arabe, ce dernier irrita par ses paroles son royal interlocuteur qui le frappa d’un chasse-mouches en plumes de paon, qu’il avait à la main.

L’injure était flagrante et demandait impérieusement une réparation.

Le ministère parla haut, pensant que la voix de la France était assez puissante pour commander et obtenir des excuses; le dey, mal inspiré, persista dans son arrogance et refusa toute rétractation.

Les négociations continuèrent pendant le ministère Martignac, elles ne furent pas plus heureuses et se terminèrent par un coup de canon, tiré par ordre du dey, sur un bâtiment français parlementaire.

C’était le cri de guerre, qui, s’échappant des côtes d’Afrique, venait retentir sur la terre de France.

Il y fut accueilli avec le sentiment, impérissable au cœur Français, de l’honneur outragé, mais aussi, avec quelque défiance des hommes qui nous gouvernaient alors, et ce fut M. de Bourmont qui, du ministère de la guerre descendit au commandement de l’expédition, qui devait amener la chute définitive des Deys d’Alger.

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