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Staoueli

| Mon voyage en Algérie | 24 juin 2012

Les stations prolongées au même endroit ne sont pas du goût de mon cousin Jean. Nos petites promenades autour d’Alger ne lui suffirent pas; et, un matin, il m’entraîna jusqu’à la Trappe de Staoueli.

Devant nous s’étendait une magnifique plaine de douze à quinze cents hectares, bordée, à droite par la mer, à gauche par une chaîne continue de collines, qu’on nomme le Sahel.

Ces collines sont plantées de vignes rappelant les plus belles du Roussillon; cette plaine est couverte de céréales à rivaliser avec la Beauce.

Ça et là, des fermes, des hameaux, reliés entre eux par de belles routes et des chemins d’intérêt commun, plantés, sur leurs bords, d’arbres de diverses essences, et aboutissant à un centre qui se signale de loin par une agglomération considérable de bâtiments de formes diverses affectés, on le comprend de suite, à des destinations différentes.

Cette plaine est celle de Staoueli; ce massif de constructions, surmonté d’une croix, c’est la Trappe de Staoueli, formée de l’abbaye, où logent les religieux, la maison des voyageurs, celle des ouvriers de tous métiers, les magasins à céréales, à fourrages, à denrées de toutes sortes, puis, le moulin, la forge et les chantiers qu’exige l’industrie agricole.

C’est une fourmilière active, intelligente, dans laquelle l’ordre règne toujours avec un silence relatif.

- C’est la vie, c’est la prospérité! m’écriai-je avec admiration après avoir visité tout en détail.

Et comme nous rentrions à Alger:

- Savez-vous ce qu’était autrefois cette riche plaine? interrompit mon cousin Jean, toujours prêt à m’instruire. Savez-vous ce qu’était cette terre, riche de tous les dons qu’elle peut offrir à l’homme qui la cultive avec intelligence et courage? Un repaire d’animaux féroces, de carnassiers, qui s’y blottissaient le jour sous l’abri inextricable, impénétrable, d’une végétation luxuriante de jujubiers, de lentisques enchevêtrés avec des chênes-taillis et des oliviers sauvages, rabougris, d’où ils sortaient, la nuit, pour aller dans la Mitidja, dévorer quelques bêtes des troupeaux des Hadjoutes.

Les colonnes en expédition dans le Sahel ne descendaient jamais bivouaquer dans la plaine; elles se tenaient sur les hauteurs, en ayant soin d’entretenir leurs feux toute la nuit, comme défense, contre les fauves qui les entouraient et dont les glapissements et miaulements sinistres les empêchaient de dormir.

Cette plaine fut le théâtre, en 1840, d’un drame où la divine Providence intervint miraculeusement et dont voici les émouvants détails.

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