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Notre-Dame d’Afrique

| Mon voyage en Algérie | 24 juin 2012

L’église, érigée en l’honneur de la Vierge Marie, domine gracieusement le village de Saint-Eugène.

Les marins la voient de loin; elle est pour eux, une seconde Notre-Dame de la Garde, les protégeant du rivage sud de la Méditerranée, comme celle de Marseille, les bénit du nord!

Nous y montons, par une route charmante, au milieu d’une végétation luxuriante, accompagnés par les oiseaux chanteurs et le parfum des orangers en fleurs.

- C’est encore à Mgr Pavy que nous devons cet admirable sanctuaire, me dit le cousin Jean, comme si ce côté d’Alger, qui a bu le sang du martyr Geronimo, dût plus particulièrement attirer les chrétiens; c’est de là que viennent s’élever les prières les plus ardentes, les plus nombreuses…

Placer l’Algérie sous la protection toute particulière de la Sainte Vierge était une œuvre pie qui devait intéresser tous les cœurs chrétiens.

Les offrandes affluèrent chez Mgr Pavy.

Un de ces dons toucha profondément le vénérable évêque; envoyé directement de Sébastopol, il était dû au général Pélissier, qui avait appris, de Monseigneur lui-même, la fondation de la chapelle africaine.

L’illustre général avait le commandement en chef de l’armée d’Orient. La France suivait avec anxiété les mouvements de notre armée; l’Algérie, elle, vivait plus en Crimée qu’en Afrique. N’est-elle pas la terre classique de l’armée, puisqu’elle a vu passer et grandir tous nos généraux? Mgr Pavy ordonna au milieu du mois de Marie de 1856, une neuvaine de prières pour le succès de nos armes.

Les vœux les plus ardents montaient chaque jour vers le ciel, et le 8 septembre suivant, Sébastopol tombait entre nos mains.

En reconnaissance de l’intervention de la Sainte Vierge, le vainqueur de la Crimée, le général Pélissier, envoya un riche don en argent à Notre-Dame d’Afrique et une croix, détachée de l’une des flèches de la cité vaincue, pour être placée sur le frontispice delà chapelle en construction.

Déjà, après la prise de Laghouat, en 1852, il avait fait parvenir à l’évêque d’Alger les plus belles palmes de l’Oasis, pour être bénites le dimanche des Rameaux et offertes en hommage au Dieu des armées. A son lit de mort, le général légua son épée de Sébastopol à Notre-Dame d’Afrique, comme un trophée d’amour et de reconnaissance, devant reposer aux pieds de la statue de Marie, avec celle d’un des brillants soldats qu’ait produits l’Algérie, le général Yusuf.

La dévotion envers Marie, la confiance en sa divine bonté, furent toujours profondément enracinées dans le cœur du général Pélissier.

Il fallait le voir, dit un historien, agenouillé devant l’image de la Sainte Vierge, à côté de la duchesse de Malakoff, quand sa fille était malade.

Avec quelle ferveur il priait! Quel amour il témoignait à sa souveraine.

Ces sentiments de piété intime se trouvent nettement exprimés dans cette phrase de la lettre d’envoi des dons de Sébastopol, à l’évêque d’Alger:

N’oublions pas que l’homme le plus fort et le plus habile n’est aux mains de Dieu qu’un instrument auquel ce grand Roi donne ou refuse à son gré la victoire.

Il ne fut pas le seul à montrer si grande piété.

Le général de Martimprey envoya à Mgr Pavy, cinq cents fusils pris aux Flirtas qu’il venait de désarmer, avec prière d’en faire une balustrade ou une grille à Notre-Dame d’Afrique.

Le général Lasserre, lui, remit cent quatre-vingts francs que les officiers de sa division avaient recueillis entre eux, pour la chapelle en construction.

Le colonel du 43e de ligne, M. Wolf, lui fit parvenir cent quatre-vingt-dix-huit francs cinquante, produit d’une souscription ouverte dans son régiment.

Et c’est ainsi que, lentement, s’éleva Notre-Dame d’Afrique, qui est aujourd’hui un lieu de pèlerinage des plus renommés, un des sanctuaires les plus vénérés.

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