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Mustapha-Kouba

| Mon voyage en Algérie | 24 juin 2012

Quittant la statue du maréchal Bugeaud et la place d’Isly, nous prîmes la large route qui se dirige à l’est, et qui montre, à sa gauche, le Fort des Anglais, forteresse, en effet, autrefois, prison aujourd’hui pour les condamnés militaires.

A cinq cents mètres de là, Mustapha, vaste cirque couvert de bâtiments militaires où logent les chasseurs d’Afrique, borné au nord par la mer, entouré au sud de jardins, de bosquets, de villas, de palais, parmi lesquels brillent la maison de campagne des gouverneurs généraux et le splendide établissement des Dames du Sacré-Cœur.

Ces merveilles de verdure et de constructions sont assises sur les flancs d’un coteau demi-circulaire, comme sur les gradins d’un vaste amphithéâtre.

C’est le point féerique d’Alger.

Le Jardin d’Essai nous attire toujours, car nous y trouvons réunie toute la flore des climats les plus divers, depuis les pins du nord jusqu’aux palmiers du Mzab, depuis le chêne et le noyer jusqu’au bambou et le bananier, sans parler des fleurs de toutes les latitudes;

Poussant plus loin, nous passons au pied d’un coteau sur lequel s’élève un édifice européen, régulier et imposant dans sa simplicité.

Ce coteau c’est Kouba, ce bâtiment rectangulaire, le grand Séminaire d’Alger.

L’espace occupé par le grand Séminaire était couvert autrefois par des baraques où logeaient les soldats, un poste militaire comme Birkhadem, Tixeraïne, Dely-Brahim, qui protégeaient Alger dans les premières années de la conquête.

- Comment le camp est-il devenu Séminaire?

- La chose est assez curieuse, me répondit mon cousin Jean, à qui je posais cette question.

Les Lazaristes, revenus en 1842, à Alger, qu’ils avaient si longtemps illustré pendant la barbarie, reçurent de Mgr Dupuch le grand Séminaire, sous la direction de M. l’abbé Girard, l’un des prêtres les plus éminents de la Congrégation des Missions.

Ce Séminaire était dans une mauvaise petite ruelle, entre la marine et Bab El-Oued. Le culte se relevant et se développant, cette maison et son emplacement étaient insuffisants et peu convenables pour leur destination.

Mgr Pavy jeta les yeux sur Kouba, un des camps qui, avec quelques autres, formaient le périmètre primitif des fortifications avancées d’Alger.

C’était au lendemain de la révolution de 1848. Le gouverneur d’alors, le général Cavaignac, auquel l’évêque s’adressa, accueillit favorablement sa demande et, le 23 mai, le grand Séminaire s’installa dans les baraques, depuis longtemps abandonnées, du camp de Kouba.

Mais Cavaignac ne fit que passer au gouvernement de l’Algérie, et Changarnier lui succéda.

Or, pendant cette mutation, les bureaux de Paris avaient eu le temps d’examiner la demande du camp de Kouba, faite depuis longtemps, suivant les lois hiérarchiques, par Mgr Pavy, et ils l’avaient rejetée, en gens trop heureux d’être désagréables au clergé.

Le gouverneur général arrive donc tout contristé chez l’évêque, et lui annonce la mauvaise nouvelle.

- Mon général, lui répond Monseigneur, on vous défend de laisser entrer les séminaristes à Kouba; on ne vous dit pas de les renvoyer! Ils y sont maintenant; voulez-vous mettre en marche un escadron pour les en chasser?

- Ils y sont? demanda le gouverneur.

- Oui…

Eh bien! Qu’ils y restent!

C’est ainsi que la belle position de Kouba fut acquise à l’Église d’Alger et qu’un splendide établissement d’éducation cléricale, s’élève là où il n’y avait autrefois que d’affreuses baraques pour les soldats.

Allant toujours devant nous, dans cette promenade charmante, nous traversons I’Arax sur son pont séculaire, et, gravissant une petite côte, nous entrons dans une grande bâtisse où nous sommes reçus par des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, qui y exercent leur charité sous toutes ses formes enseignantes et hospitalières,

C’est la Maison carrée, qui existait du temps des Deys; de sa terrasse l’on découvre tout l’est de la

Mitidja; et l’on regarde le massif de la grande Kabylie que domine le Djurdjura.

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