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Mon voyage

| Mon voyage en Algérie | 24 juin 2012

L’Algérie est à vingt-quatre heures de Marseille, à quarante-huit heures de Paris, et elle n’est pas plus connue, de la masse des Français, que ne le sont la Cochinchine, le Tonkin, le Cambodge ou le Congo!

Nous nous trouvons si bien, dans notre belle France, que nous ne nous donnons même pas la peine de nous informer de ce qui se passe ailleurs.

L’Algérie mériterait cependant bien qu’on se dérangeât un peu pour elle; c’est non seulement notre plus belle colonie, mais une des plus belles du monde.

S’étendant, en ligne droite, en face de la France, elle nous assure la côte sud de la Méditerranée, comme nos vieilles provinces gauloises nous en garantissent la côte nord.

Le sol en est, comme chez nous, composé de plaines, de collines et de montagnes, formant des vallées et des vallons; il produit tous les fruits de la zone tempérée et des tropiques, les céréales et la vigne, comme la datte et l’ananas, les mûriers du Dauphiné et les aulnes du nord.

La race indigène, abrutie par de nombreux siècles d’esclavage, a cependant montré des qualités estimables dans la longue et ardente lutte qu’elle a soutenue contre nous, pour échapper à une domination dont elle n’appréciait pas les futurs bienfaits, et, tout nous fait espérer que sous les scories qui recouvrent ces âmes, il y a une couche végétale sur laquelle la civilisation pourra germer, surtout si l’on permet à la religion catholique d’y semer l’Évangile.

Depuis soixante-deux ans que nous possédons l’Algérie, il s’y est produit tant d’événements remarquables, notre armée y a accompli tant d’actions d’éclat; notre clergé tant d’actes de charité, qu’on n’est vraiment pas excusable de n’en pas connaître au moins les principaux.

Ainsi me parlait mon cousin Jean, un beau soir qu’il fumait sa pipe en arpentant le salon de mon petit appartement de garçon.

Jean est un fanatique de l’Algérie, où il passe presque toute sa vie, et je l’avais entendu, souvent déjà, me vanter les mérites de son pays d’adoption.

Est-ce un effet de persuasion lente ou bien un caprice? Je ne sais; mais quand, s’arrêtant devant moi, Jean, mon cousin, me dit, pour la centième fois peut-être:

- Je vous enlève et vous embarque avec moi pour Alger.

Je ne fis qu’un bond, et, lui tendant les deux mains:

- Tope-là! M’écriai-je gaiement, vous m’avez converti à votre idée fixe. Je vous suis!

Deux jours après nous étions à Marseille et courions au port, à la recherche d’un transatlantique disposé à nous recevoir pour la traversée.

Quel mouvement! Quelle activité, sur le quai et dans le port.

Les navires, d’abord, entrant et sortant; puis les bateaux en décharge, rangés en file et reliés entre eux par des planchers flottants, retenus par d’énormes chaînes et des crampons de fer.

C’est là qu’on dépose les sacs, les ballots, les colis de toute espèce qui arrivent de tous les pays du monde.

On les transporte ensuite sur le quai où s’élèvent, ainsi, des montagnes de blé, de caisses, de tonneaux, prestement enlevés par des portefaix, qui les confient à de grands entrepôts destinés à les recevoir.

Un peu plus loin, d’une cheminée de navire, la vapeur gronde lugubrement, annonçant un départ. Une multitude de petites barques transportent les voyageurs, se meuvent autour des grands vaisseaux et sillonnent la rade.

Quelle agitation! quel spectacle!

Nous partons; la mer est calme, splendide, ainsi que le ciel qu’elle reflète. Nous restons sur la dunette du navire et nous saluons, en passant, les Baléares, particulièrement Mahon dont nous: apercevons les fortifications, témoin de la valeur française et du génie du maréchal de Richelieu. Puis la nuit vient.

Au petit jour, un cri s’élève: Terre! Terre!

Tout le monde court aux bastingages; regardons devant nous.

Devant nos yeux, cette bande indécise et brumeuse, allant de l’est à l’ouest et paraissant presque au-dessous du niveau de la mer, c’est la côte algérienne, qui va émerger insensiblement.

Au milieu de cette ligne, droit devant le bout du beaupré du navire, cette tache blanche qui, peu à peu ressemble à une carrière de plâtre… c’est Alger!

Plus rapprochés encore, nous découvrons toute la beauté étrange de la ville qui s’étend en amphithéâtre et forme un triangle dont la base s’appuie sur le rivage et au sommet duquel se trouve la Casbah, ou citadelle, dominée elle-même par un fort. Ses maisons blanches, recouvertes de terrasses, s’étagent en des marches grandioses partant de quais superbes, bâtis sur arcades immenses; de chaque côté, des villas, des jardins luxuriants de végétation lui font un encadrement merveilleux de fraîcheur et de richesse.

Un dernier tour d’hélice, et le bateau s’arrête; nous n’avons qu’à aller ranger nos affaires dans nos cabines, faire nos paquets et remonter sur le pont…nous sommes dans le port.

Des centaines de barques assiègent le transatlantique; des milliers de voix nous sollicitent en vingt idiomes différents; on ne sait auquel entendre! Descendons!

Pour tout chrétien le premier devoir, nous devrions dire le premier besoin, en arrivant dans une ville, c’est d’aller en visiter les églises. Suivons cette impulsion de notre cœur; allons prier à la cathédrale.

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