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Marin

| Mon voyage en Algérie | 24 juin 2012

- Voyez-vous, me dit-il, voyez-vous ce monticule surmonté de deux marabouts en ruines, au pied duquel passe la route carrossable? Il a été témoin d’un fait sinistre, inouï, dans les fastes de l’armée française: de la reddition à l’ennemi d’un lieutenant à la tête de deux cents hommes, sans avoir tiré un coup de fusil, lors de l’insurrection de 1845!

Le poste d’Ain-Temouchent se trouvant, sur la route que l’on supposait devoir être prise par Abd el-Kader, le général Cavaignac n’était pas sans inquiétude.

Il n’y avait là, en effet, pour toute garnison, qu’une compagnie de zouaves d’un effectif très faible et sans autres munitions que celles que le soldat porte habituellement dans son sac et dans sa giberne.

Le général résolut d’y envoyer des renforts en hommes et en cartouches, et.il donna l’ordre de réunir tout ce qu’on trouverait de fantassins valides à Tlemcen, d’y joindre quelques mulets chargés de munitions, et de diriger le tout sur Ain-Temouchent.

Deux lieutenants se trouvaient disponibles, MM. Hilarin, du 41e et Marin, du 15e léger; ce fut à ces deux officiers que l’on confia le commandement de ce détachement, et on leur adjoignit M. Cabasse, sous aide des hôpitaux militaires.

Les règlements militaires veulent que, quand deux officiers de la même arme marchent ensemble, le plus ancien ait le commandement en chef, et, à ce titre, c’était à M. Hilarin que revenait l’honneur de conduire le renfort à Ain-Temouchent; mais, pour des raisons qu’il est assez difficile d’expliquer, on viola les lois militaires pour mettre M. Hilarin sous les ordres de M. Marin.

A l’entrée de la nuit, ce détachement, dont la moitié sortait à peine de l’hôpital, se mit en route pour sa destination; à minuit, il avait passé Tisser, et au jour, il arrivait sur un mamelon où se trouvaient trois marabouts aux trois quarts ruinés.

On n’était plus qu’à deux petites lieues du but de la marche; Marin ordonna de faire halte pour déjeuner.

Pendant ce repos, l’on vit déboucher des goums nombreux de cavalerie, au milieu desquels on distinguait Abd el-Kader.

Le premier mouvement de nos soldats fut de courir aux armes.

Mais une sorte de folie s’empara alors de Marin; il défendit de bouger, et s’avançant vers Abd el-Kader, il lui offrit de se rendre, s’il lui garantissait la vie sauve pour tout son détachement.

On vit alors la cavalerie entourer ces deux cents hommes, s’emparer de leurs armes ainsi que de leurs munitions, et les conduire comme un vil troupeau de moutons, vers la Tafna, pour gagner ensuite le Maroc.

Quelle fatalité pesait alors sur notre armée! Au lieu-de marcher rapidement sur Ain-Temouchent, Marin, qui a déjà fait presque tout le chemin, s’arrête et perd un temps précieux dans une halte inutile.

L’endroit où cette halte a lieu est des plus propres à la défense; les vieux marabouts, la position dominante où ils se trouvent, Offrent des moyens puissants de résistance; on n’essaie même pas de les mettre à profit…

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