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Les Orphelinats

| Mon voyage en Algérie | 24 juin 2012

Dès la fin de 1842, le P. Brumauld ouvrait, aux environs d’Alger, un asile destiné à recueillir les pauvres petits garçons qui restaient sans ressources en Algérie, après la mort ou l’abandon de leurs parents;

Cet établissement, commencé à Mustapha, continué à Dely-lbrahim, fut, en 1851, complètement installé à Ben-Aknoun et au camp de Boufarik. La population de la colonie se composait alors de quarante quatre maîtres, y compris onze auxiliaires, et de trois cent quatre-vingt-dix enfants, depuis l’âge de quatre ans jusqu’à celui de vingt et un ans.

On en comptait trois cents au-dessous de quinze ans. Eh bien, sur ces trois cents enfants, il n’en mourut qu’un seul en trois ans! On ne trouverait peut-être pas, dans le monde entier, un exemple; pareil.

Il est vrai que Ben-Aknoun est un des lieux les plus salutaires de toute l’Algérie. La situation de l’ancien camp de Boufarik, concédé au P. Brumauld, est moins favorable; elle est même, dit-on, assez malsaine.

Quatre-vingt-dix enfants y sont déjà établis; ceux qui tombent malades sont aussitôt ramenés à Ben-Aknoun, où ils se rétablissent promptement Les jeunes colons de Boufarik seront particulièrement employés à l’élève des vers à soie; les mûriers ont été plantés par l’armée.

L’administration donne quatre-vingts centimes par jour, pour chaque enfant, jusqu’à l’âge de quinze ans; à partir de cet âge, le produit de leur travail couvre la dépense, à une légère différence près (six francs par an).

Le 19 avril 1849, M. l’abbé Landman, ancien curé de Constantine, s’installait à Medjez-Amar avec quinze orphelins de douze à dix-huit ans et six Frères, pris dans la colonie de Notre-Dame-des-Vallades.

La nouvelle colonie compta bientôt quatre-vingt-dix orphelins et enfants trouvés, dont la plupart étaient venus de la colonie des Valla des ou de celle de la Ronce, fondées toutes deux, dans la Charente-Inférieure, par M. du Luc, devenu le frère Marie-Théodore.

M. du Luc vint rejoindre son zélé collaborateur, l’abbé Landmann, en Algérie, accompagné de huit Frères agriculteurs, chargés de diriger les quatre-vingt-dix jeunes colons de l’établissement.

Pour aider les enfants dans leurs travaux agricoles, parfois au-dessus de leurs forces, il est parvenu à attacher à la colonie six ménages arabes, qui, en échange, reçoivent le «cinquième» de la récolte.

La dernière colonie de jeunes garçons a été fondée à Misserghin, près d’Oran, par M. l’abbé Abram, de Montpellier.

Lorsque les anciens camps de Misserghin et de Boufarik ont été concédés par l’administration au P. Brumauld et à l’abbé Abram, certains journaux ont

vivement réclamé; il n’y avait cependant pas de meilleur parti à tirer de ces camps abandonnés, dont l’entretien aurait coûté chaque année à l’État quelques dizaines de mille francs.

Medjez-Amar était également un ancien camp devenu inutile à notre occupation militaire. En concédant gratuitement ces constructions et les terrains environnants à des hommes charitables pour les transformer en colonies d’Enfants trouvés et d’Orphelins, l’administration de la guerre a noblement compris son devoir.

En 1852, la colonie de Misserghin renfermait cinquante-quatre orphelins recueillis après les ravages épouvantables faits par le choléra dans les villages fondés, en 1848, avec les émigrants parisiens.

Mais le plus important de ces orphelinats aujourd’hui est celui des filles, à Mustapha, près d’Alger; il renferme, quatre cents orphelines, placées sous la direction des Sœurs de Saint-Vincent de Paul.

Avec de pareilles institutrices, il n’est pas besoin de dire que l’enseignement moral et religieux ne laisse rien à désirer. Il ne s’agit plus d’orphelinat agricole à Mustapha; mais on y forme d’excellentes domestiques, d’habiles couturières, des femmes très capables de tenir le ménage chez les petits artisans de nos villes africaines.

Après cette étude intéressante d’une question bien importante pour l’avenir de l’agriculture, nous songeâmes à quitter Boufarik, frais et joli comme un verger, abondant en fruits, rempli d’odeurs d’étable, soigné, fertile, un vrai coin de Normandie, la vraie campagne et de vrais campagnards.

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